Historique

Historique du patrimoine des propriétaires des Montagnes de TERNANT de 1791 à nos jours

Après la Révolution de 1789, des biens appartenant à la Noblesse ou Ordres religieux furent confisqués et vendus comme biens nationaux.

Le 25 avril 1791, les montagnes de Lafaye-les-Poux (actuel Puy des Goules), de Fraisse, de Sarconey (Sarcouy de nos jours), de Sarcouyroux et de Creux Morey (Creux Mory) furent mis en adjudication; voir procès verbale ci-dessous.

Divers habitants des villages environnants se portèrent acquéreurs. Michel PENY du village de Ternant fut désigné adjudicataire pour la somme de 3350 livres.

Le 25 juin 1810, ces montagnes furent partagées :

  • Sarconey, Sarcouyroux, le Creux-Morey et la moitié de Fraisse, revenant aux habitants de Ternant
  • Lafaye-les-Poux, et l’autre moitié de Fraisse, aux habitants de Gressigny, Chez Vasson et Le Cheix.

Le 15 décembre 1835, un jugement ordonne qu’il soit procédé au rachat du droit de pacage sur la totalité des Montagnes au profit des habitants de Ternant.

D’une superficie de 174 ha, les Montagnes de Ternant furent utilisées dès leur achat en pâture à bovins.

Pour en faciliter l’utilisation, ces hectares furent  fractionnés en têtes de vaches, demi ou quart de tête, ou onglon, Une tête représentait 1 ha, il y avait donc 174 têtes de vaches; la notion de tête de vache figurait sur tout acte  notarié. Elle fut abandonnée dans les années 1960 au profit du m² lors de la rénovation du cadastre.

La superficie détenue par chaque propriétaire n’était ni bornée ni délimitée, ce qui facilitait la gestion collective (notion de biens indivis non délimités ou BND);

A la période estivale, un troupeau de bovins, gardé par de jeunes paysans, montait pour la journée à l’estive par le chemin dit « de la boide ».
En 1925, un troupeau d’ovins de près de 1000 têtes prit le relais. Un berger employé à l’année en assurait la garde. Suite à la déprise agricole, le troupeau cessa en 1960, les jeunes du village laissant la terre pour l’usine (Michelin, notamment).

Au cours des années 1940, les hêtraies se développent rapidement. La répartition du bois de chauffage se faisait par « pièces » sur la base de 22 pièces qui regroupaient chacune 8 propriétaires. Ceux-ci avaient à l’intérieur de la pièce une quantité de bois suivant leurs titres de propriété. Un chef de pièce supervisait la bonne marche.
(De nos jours, les lots de bois sont identifiés puis tirés au sort par chaque demandeur)

En 1945, une entreprise ouvrit une carrière sur la face Nord-est du grand Sarcouy pour y exploiter la « domite » propre à la fabrication du verre. Des jeunes du village, des prisonniers de guerre allemands, des immigrés maghrébins travaillèrent à l’extraction.

Une redevance à la tonne était versée au village, ce qui servit à divers aménagements, la salle des fêtes notamment. Cette carrière étant propriété privée, l’exploitant exigeât des responsables parmi les propriétaires. Ceux-ci furent conviés en Assemblée Générale le 22 janvier 1963, les représentants élus formèrent un bureau. Une association loi 1901 fut constituée sous l’appellation « APIMT » (Association des Propriétaires Indivis des Montagnes de Ternant). Les revenus de la carrière furent alors repartis entre les ayants droit.

L’exploitation cessa en 1977, une trop forte teneur en souffre contenu dans la domite encrassait les fourneaux de fusion et la reprise fut refusée pour des raisons écologique.

Le 10 décembre 1979, les fondateurs de l’association présentèrent leur démission en Assemblée Générale. De nouveaux administrateurs furent élus.

Dans les années 1980, le reboisement était vivement encouragé par les pouvoirs publics. D’importantes superficies incluses dans le plan de boisement communal étaient disponibles.

Les travaux de reboisement débutèrent en 1982, pour se terminer en 1994 :

  • 75000 résineux et feuillus furent mis en place sur une superficie de près de 60 ha
  • 6km de pistes forestières furent ouvertes pour faciliter l’exploitation future
  • 1 041 516, 05 francs de l’époque furent investis (soit 154 010 euros)
    • 40% par l’aide du fond forestier national
    • 60% par l’autofinancement (fonds en provenance de la vente de bois)

En 1984, l’association adhéra au Syndicat des Sylviculteurs du Puy de Dôme.

Par une Assemblée Générale Extraordinaire du 28 aout 1987, l’association loi 1901 fut dissoute et transformée en ASL (Association Syndicale Libre). Ce type d’association présente les avantages d’une gestion plus souple, de pouvoir distribuer des bénéfices, de stimuler l’intérêt des propriétaires, de faciliter les relations avec les administrations, notamment pour obtenir des subventions et de bénéficier d’un solide statut juridique.

Le 24 mars 1994, le premier Plan Simple de Gestion (PSG) fut agréé pour une durée de 10 ans. Le PSG consiste à établir un planning pour les travaux d’entretien et d’amélioration des boisements, de programmation des coupes de bois, ceci en collaboration avec le CRPF (Centre Régional de la Propriété Forestière).

C’est un outil indispensable dans la bonne gestion des forêts.

Ce plan a été renouvelé en 2012 pour une durée de 15 ans.

En 2004, l’ASL obtint le label PEFC (l’écocertification forestière contrôlée) très utile dans les transactions avec les exploitants forestiers.

Chaque année, courant mars, les propriétaires sont convoqués en Assemblée Générale; les rapports moral et financier sont présentés et approuvés.

Chaque propriétaire peut s’exprimer, prendre part aux décisions dans le cadre de la gestion collective.

Les générations précédentes nous ont transmis un patrimoine auquel nous sommes viscéralement attachés. Nous aimons nos montagnes pour leur harmonieuse beauté. Aux attraits contemplatifs et affectifs, se joindra l’attrait économique pour les générations futures. Nous partageons ce patrimoine avec tous par une convention établie entre l’association DOMES UNION (à laquelle nous adhérons) et le Parc Naturel Régional des Volcans d’Auvergne. Chacun peut se promener librement dans nos puys dans le respect des activités des propriétaires.

Nous n’accepterons pas que des « marchands du temple » s’accaparent de notre patrimoine sans se soucier des détériorations dues à la fragilité de ces espaces.

Lors du renouvellement de la dite convention fin 2014, à laquelle devrait s’associer le Conseil Générale du Puy de Dôme, nous seront très attentifs à la protection de ces espaces léguées par nos aïeux.

Procès verbal d’adjudication du 24 mars 1791

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CONTACTS

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